L’horizon de notre monde est sombre, qui peut le nier ?
Nous écoutons l’angoisse des uns, un avenir vide de sens pour bien de nos jeunes…
Le printemps annoncé en divers pays du bassin méditerranéen fait place à des temps de turbulences.
« Les temps changent, il fait froid… »
Et pourtant nous voyons aussi les maisons et les rues qui s’illuminent, des mains qui s’ouvrent et disent à nouveau que solidarité et fraternité ne sont pas des rêves. Nous nous retrouvons en famille, avec d’autres, dans nos associations… Peut être aussi avec nos communautés chrétiennes…
Nous nous rappelons qu’à l’origine il y a un bébé né au hasard d’un déplacement pour des obligations administratives, dans un lieu insalubre, déjà il n’y avait pas de place pour le recevoir. Aujourd’hui comme hier cela n’a pas changé : « Retourne chez toi… »
Bien vite on le considérera comme un gêneur. Il bousculera son père, sa mère, tous ses amis et tous les pouvoirs de son temps, qu’ils soient religieux ou politiques. La croix pour les uns, des temples pour d’autres… On aura tout fait pour le faire taire ou le garder là où nous avons décidé de le mettre… La lumière de Pâques nous rappellera qu’il est plus vivant que jamais. Aujourd’hui comme hier il ne demande qu’à naître là où on veut lui faire un peu de place.
Écoutons ce qu’expriment des chrétiens aujourd’hui à l’approche de Noël. Et pourquoi ne pas prolonger, compléter ce qu’ils disent :
« Je crois en un Dieu si fragile, qu’il abandonne sa vie entre les mains réunies d’un homme et d’une femme… Je crois qu’il donne l’allégresse à leur souffle, des couleurs malgré l’obscurité qui règne, et il les met en route vers bien plus loin qu’ils n’ont jamais espéré…
Je crois qu’à la lueur de leur joie, d’autres femmes, d’autres hommes, toi, moi, nous retrouvons dans la nuit un goût d’espérance…
Je crois qu’à la vue de l’étoile, chacun a le sentiment d’être appelé par son nom, de n’être plus " un rien ", de n’être plus un chiffre, mais un homme, une femme, un jeune ou un enfant respecté par tous… Je crois en ce murmure, aussi fragile qu’il soit ; c’est le murmure du monde, l’onde de création qui dure de puis le premier jour, le babillage de l’enfant-Dieu, né pauvre parmi les pauvres. »
« Les temps changent, il fait froid… » Mais il dépend de toi, de moi, de nous ensemble d’y mettre un peu de chaleur. C’est simple comme le sourire de l’enfant que l’on reçoit.
Alors je vous souhaite à chacun et à tous un Noël et une nouvelle année où ensemble nous pourrons mettre un peu de cette lumière et de cette chaleur si nécessaires au monde d’aujourd’hui.
Jean Mimiague, doyen
20 décembre 2011