Les événements catastrophiques qui viennent de s’abattre sur notre terre : tremblements de terre en Haïti, au Chili, tempête sur les côtes de l’Atlantique en France, glissement de terrain en Afrique… amènent de nombreuses personnes à s’interroger «Où est Dieu ?». C'est l'éternelle question posée aux croyants, répétée de génération en génération : « Si Dieu existait, de tels drames n'arriveraient pas ». Certains croyants peuvent en arriver à douter : « Si Dieu était vraiment tout-puissant, ne pourrait-il pas empêcher de telles catastrophes ou, du moins, en atténuer les effets pour les humains ? » Ces questions peuvent-elles avoir des réponses ? Peut-on donner un sens à toutes ces catastrophes et cataclysmes ? Non, parce qu’il n’y en a pas, sauf que nous pouvons affirmer avec certitude que Dieu ne punit pas et n'envoie pas les épreuves.
Dieu n'a pas fabriqué un monde tout fait, figé, fixiste. Il crée un univers immense et complexe, en évolution sur des milliards d'années, pour le confier à l'humanité en temps voulu. Celle-ci en effet reçoit la responsabilité d'aménager, d'humaniser la nature et la rendre vivable, durable. Il nous associe à sa capacité créative en nous chargeant de conduire, avec Lui, un univers inachevé et imparfait vers son achèvement et sa plénitude.
Dieu court le risque de créer un tel univers. Et pour montrer aux humains qu'Il ne reste pas étranger à leurs souffrances, il vient partager intégralement leurs conditions de vie, jusque dans la mort.
A quelques semaines de Pâques, rappelons-nous que le Christ dans sa mort et sa résurrection vient nous délivrer du mal, du péché et de la mort. Jésus n’a pas expliqué le mal, mais il est venu le combattre. Dans l’Évangile du 3è dimanche de Carême, Jésus pose cette question : « Pensez-vous que ces dix huit personnes tuées par la chute de la tour de Siloé étaient plus coupables que les autres habitants de Jérusalem ? »
Oui, nous croyons que Jésus a vaincu le mal et qu’il veut nous associer à son combat. La forte solidarité nationale et internationale envers les victimes de ces catastrophes témoigne de la progression de la fraternité humaine et est un signe d'espérance.
Père, ne nous soumets pas à la tentation du désespoir, mais délivre-nous du mal qui est en nous et autour de nous !
Jacques de Balincourt
Doyen
7 mars 2010